Publié par : sam le : juin 15, 2008
Voilà, ça m’aura bien pris près d’un mois pour m’en remettre de ce petit voyage de dix jours. En même temps, quel voyage!
Tout d’abord, je n’avais prévenu que mes plus proches complices de ce voyage. Ce qui m’évitaient toutes les listes à rallonges de choses à ramener. Vous vous rendez compte avec un dollar qui fait la moitié de l’euro, l’iPod revient à pas grand chose (le neuf là bas vaut la deuxième main ici…).
Bref, après un nettoyage en profondeur de mon appartement et la négociation de quelques jours de congés avec ma gentille patronne, j’étais fin prête pour le départ.
J’étais tellement stressée, entre autre parce que j’étais consciente que contrairement à la fois où elle est venue me rendre visite (en nov. 2007), je n’étais plus sur mon terrain de jeu, que j’étais dans un pays que certes je connaissais, avec une langue que je connaissais mais où on est totalement à la merci de la personne chez qui on va parce que bien entendu, je n’avais dit à personne que je connaissais là-bas que j’y serais, histoire de lui consacrer tout mon temps. Mais bon c’était à double tranchant. Soit je me plaisais et je serais contente de rester 24/24 avec elle, soit… bref, tout s’est bien passé!
A mon arrivée sur le terrain de nos cousins américains, après avoir désigné mes bagages lors de ma première escale à Minneapolis Saint Paul (ville de mon amour de toujours : Prince), j’ai trouvé un téléphone pour l’appeler, mais je tombais tout le temps sur sa messagerie et puis elle n’arrivait pas à me joindre car bien-sûr il faut laisser le temps à Orange de s’habituer au réseau de télécommunication de mon nouveau pays. Toujours est-il que je n’ai pas réussi à la joindre. Je suis alors allée sur internet pour raconter que j’étais bien arrivée à mes complices et acolytes lesbiennes. J’étais installée dans l’aéroport, creuvée de mon trajet et en attente de mon deuxième vol quand je rencontre ce mec, carrément sorti d’un vidéo clip américain. Il m’aborde et m’apprend qu’il travaille dans la production de vidéos de rap. LOL, quelle coïncidence non ? C’est quand même immense la distance que nous avons dans ce genre de choses avec les américains… Le fossé culturel est tellement immense, on se rend bien compte qu’on a traversé un océan. Mais il était très sympa, pas du tout harcelant, j’aurais surement été ravie de discuter avec lui si j’avais été moins fatiguée et jet-lagged.
Toujours est-il que j’arrive à Washington, ENFIN. Et là je ne la voyais pas, je me dis alors qu’elle s’est peut-être trompée d’aéroport, alors je l’appelle en attendant que mes bagages arrivent. Et elle me dit qu’elle est là, qu’elle est en train de se garer, de ne pas paniquer, qu’on est bien à quelques mètres. Mine de rien, à ce moment, j’ai eu l’estomac qui gargouillait… J’étais encore un peu stressée, un peu sur mes gardes, mais le fait de sentir qu’elle serait là dans quelques instants m’a vraiment soulagé. Et puis en attendant mes bagages, je guettais la porte, en me demandant, si c’était elle, là-bas, avec les cheveux frisés, non. Et elle là avec les cheveux lisses? non. Et puis voilà qu’elle arrive, avec un jean et une belle chemises bleue, ses cheveux frisés comme je les aime, sa bouche petite mais pleine, ses yeux tellement beaux… Elle était là.
Elle se rue sur moi… Elle me prends dans ses bras, et moi, petite bête que je suis, j’hésite encore parce que je n’aime pas vraiment tout ce qui je considère comme une attention en public. Alors je la somme d’arrêter de m’embrasser. J’ai peur du qu’en dira-t-on ? Surtout que je connais des gens dans cette villes, et si ils racontent à tout le monde que j’ai été vue en train d’embrasser (ou de laisser une fille m’embrasser) sur la bouche, au vu et au su de tous ? Oui, voilà, j’ai pas de couilles. Mais en même temps, ça me faisait du bien. J’avais du mal à cacher mon sourire…
Une fois mon bagage retrouvé, on s’en va, elle insiste pour me prendre la main. Je refuse. Elle me vole des bisous, en marchant, en se laissant porter par le tapis roulant. Elle se moque de la vitesse à laquelle je marche. Et me dis que je suis pressée comme tout les parisiens. Elle se moque et j’ai tellement envie de l’embrasser, alors je me retourne et voie un vieil homme au loin, et pendant que je regarde derrière moi, elle m’embrasse sur les lèvres. Surprise de constater que je connais déjà leur texture. Ces petites lèvres pleines. Je lui rends son baiser. Oubliant un instant ma paranoïa maladive. Je l’embrasse et la serre contre moi. Mince, ça fait un bien fou.
Toujours est-il que la raison revient au galop et que je lui consent, bon prince que je suis, à lui laisser ma main. Qu’elle couvre de baisers. Je ne résiste plus, je l’embrasse timidement sur les lèvres, elle ne me rends les miennes que 10 secondes plus tard. Le souffle court, on arrive à sa voiture. On range ma valise, on s’installe et je l’embrasse encore plus, à ne plus retrouver le souffle. Je l’aime, et puis je ne me souviens même plus que j’ai pu avoir le trac. Elle est là enfin. On démarre, elle m’embrasse, elle fait marche arrière, elle m’embrasse, on sort du parking, elle me mets la main sur la cuisse, je fais de même. C’est un long voyage, mais on est tellement heureuses, on parle toutes les deux en même temps. On est bien, sa main sur ma cuisse, qui pendant les dix jours où j’ai été la-bas, n’a pas bougé! J’ai toujours eu envie de ça, à la place du mort, avec une main aimante sur ma cuisse.
On a rien fait les premiers jours, on restait à la maison, à voir des videos, dormir etc… C’était tellement bien d’être là à ne rien faire… Et puis après on est allée à la mer, c’était tellement bien! Ca m’a fait un bien fou. et puis après on est allée à Washington D.C., dans le quartier gay puis dans un bar gay et lesbien noir : c’était tellement bien! Je me dis qu’on devrait faire un groupe LGBT avec des personnes d’origine africaines parce que c’est quand même quelque chose d’avoir le même combat, étant donné que l’Afrique est très peu ouvertes aux couples homos et à l’homosexualité en général.
Bref, c’était super comme vacances, l’idéal, tout ce qu’il me fallait pour être bien dans ma tête et dans mon couple, qui m’a fait du bien et m’a totalement dépaysé. Vraiment tout ce qui m’a fait du bien… J’ai hâte à ce qu’elle vienne, elle veut venir s’installer un petit mois à Paris. J’ai hâte. On se fera des bisous. Et promis que je lui tiendrais la main dans la rue.